Select Page

La perfection

La perfection

Qu’est-ce que la perfection ?

Nous vous invitons à réfléchir sur la « Perfection », qu’est-ce au juste pour vous?

Nous vous proposons un extrait du livre « LE TEMPS EST VENU » de E. De Lhessenne dans lequel il donne son point de vue sur la perfection.

Extrait : « L’escalier à gravir »

« Ce matin ! Dit Fadette, nous avons, avec Futé, achevé de nettoyer le premier niveau et toutes les pièces sont en ordre, j’ai ouvert toutes les fenêtres et nous ressentions un grand sentiment de paix, la lumière du Dôme Sacré avait envahi les salles et les rayons du soleil, pénétrants par les fenêtres, ajoutaient une chaleur rayonnante. Je crois que le Palais n’a jamais été aussi paisible et chaleureux. Quand tout sera nettoyé, ce sera parfait !

– Vous avez certainement raison ! Confirma l’homme, ne soyez pas surprise, mais, plus le nettoyage avance, plus le Palais retrouve la lumière, tout cela est nécessaire pour que chacun de nous s’y sente à son aise. »

Les réactions et les sensations des occupants du domaine étaient plaisantes en même temps qu’elles étaient une invitation à poursuivre le travail.

Marguerite était une femme très vive, mais, quelque peu effacée. Elle adorait « son » Léon et ensemble, ils formaient un couple agréable à regarder vivre, ils donnaient l’impression de se compléter et que chacun des deux ne pouvait se passer de l’autre, un peu curieuse, à son tour, elle demanda à l’homme : « L’autre fois, j’accompagnais Léon à l’herbage et quand le travail de réparation des clôtures fut achevé, il me dit, voilà, c’est parfait ! Pourtant, avec le temps, elles s’abîmeront de nouveau ! Alors, quand dire que c’est parfait si, dans quelques temps, ça ne l’est plus ? La perfection, n’est-elle pas durable dans le temps ? C’est comme dans le Palais, une fois que tout sera nettoyé, Fadette dit que ce sera parfait mais il faudra, de temps à autre, faire quelques menues réparations ?

– Voilà un vaste sujet, ma chère Marguerite, je vais vous donner mon point de vue. Il y a, à mon avis, plusieurs façons de comprendre ce qu’est la perfection. Imaginez que vous sortiez de chez vous, votre maison, votre vie, et le monde des humains sont au pied d’une montagne et derrière, il y a un escalier courant sur le flan de cette dernière. Vous observez cet escalier qui file, il y a des paliers qui permettent au grimpeur de se reposer, de temps à autre, et vous ignorez ce qu’il y a là-haut, puis, une voix qui semble venir de nulle part vous dit ou vous souffle : « Monte ces marches ! Il te faut grimper là haut ! Cet escalier est celui qui conduit à la perfection ! » Ignorant d’où venait la voix, vous vous dites qu’elle était suffisamment claire pour que ce ne soit pas un rêve et plein de confiance, vous vous dites, pourquoi pas ? Je n’ai rien à perdre ! Je suis libre et je ne possède rien qui me retienne et le meilleur moyen de savoir, si la voix dit vrai, est d’escalader la montagne et d’aller voir ce qu’il y a là haut ! Il n’est plus question de clôtures qui peuvent, à nouveau, se dégrader avec le temps, il n’est plus question de nettoyage de salles dans lesquelles la poussière peut se déposer, à nouveau, il n’est plus question de compétition dans lesquelles un record inimaginable a été battu et qui un jour peut, de nouveau, l’être, il n’est pas question, non plus, d’un objet fabriqué dont le créateur dira qu’il est parfait et qui un jour, à son tour, sera amélioré. La perfection, dont nous parlons, est celle que l’homme développe en son âme et conscience, elle est invisible de l’extérieur, elle ne se voit ni dans les apparences car vous grimperez l’escalier seul, ni dans le porte-monnaie car l’argent est inutile, ni dans les possessions matérielles car vous ne pourrez emportez votre maison, cette perfection là est inaccessible à l’être qui accomplit la volonté du monde et qui ne parvient pas à se détacher de ce monde. Elle est le chemin proposé à celui qui accomplit la volonté du Sage Céleste et les comportements, les réactions par rapport à cet état de fait sont très différents les uns des autres.

Pour reprendre cette image de l’escalier, l’homme qui a sa propre idée de la perfection et qui a gravi quelques marches en direction du sommet s’arrête au premier palier et se repose quelques instants, se retournant, il voit derrière lui au pied de la montagne trois êtres humains qui le regardent. L’un d’eux demande à l’homme, pourquoi gravis-tu cette montagne ? Alors l’homme répond, quelqu’un m’a soufflé dans le creux de l’oreille que là-haut se trouvait la perfection, alors, je grimpe parce que je veux atteindre la perfection ! Les trois êtres humains se regardent et le premier dit à l’homme, il n’y a rien en haut de cette montagne ! Moi, je ne crois pas à la perfection, elle n’est pas de ce monde ! Ironique et méprisant, il repartit vers le monde. Le second dit à l’homme, moi, je veux bien te croire, mais j’ai une maison, un travail qui paye bien, aussi, je dois repartir mais je vais te donner mon adresse, si tu atteins le sommet, viens me voir quand tu redescendras pour me raconter ce que tu as découvert ! Puis, plongé dans ses pensées, il repartit vers le monde. Le troisième dit, je te crois mais je ne suis pas un bon grimpeur ! Grimpe seul ! Je t’attendrai ici et, de temps à autre, fais moi signe pour que je vois où tu es arrivé. Quand tu seras là-haut, tu me diras ce qu’il y a et si c’est bien la perfection que l’on trouve là haut, je t’y rejoindrai !

– La montagne est haute ! Le chemin serpente, traverse les bois et disparaîtra de ta vue ! Répondit l’homme, bientôt, tu ne me verras plus ! Ni moi, ni le signe que je pourrais te faire.

– Dans ce cas, je penserai que tu t’es perdu dans les bois et je m’en retournerai dans le monde en me disant que personne ne peut atteindre la perfection ! »

L’homme avait atteint le premier palier, personne ne l’y avait rejoint, à nouveau, il entendit la voix : « Grimpe, mon ami, grimpe ! Le chemin est long ! Maintiens le cap ! ». Alors, il reprit son bâton, et entreprit de gravir les marches qui le séparaient du second palier, il ne l’apercevait pas encore mais il savait qu’il n’était plus très loin. Ainsi, sans avoir la moindre idée de ce qui l’attend en haut de la montagne, l’homme se dit qu’il est dommage que personne ne grimpe l’escalier. Il a été placé là, cela veut dire que d’autres ont gravi la montagne et ont préparé le chemin pour que celui qui veut atteindre la perfection soit guidé et ne se perde pas en route. Espérons qu’ils sont allés jusqu’en haut et que l’escalier atteint le sommet ! Ajouta l’homme en riant : « Le nettoyage des salles du premier niveau du Palais des Mémoires correspond aux premières marches de l’escalier, entre les deux niveaux, c’est le premier palier, là où les trois hommes ont pu satisfaire leur curiosité. Le second palier apparaîtra quand les salles du second niveau du Palais des Mémoires seront visitées. Et, ainsi de suite, jusqu’à ce que l’homme atteigne le dernier niveau. Le dernier palier sera celui du sommet, il verra enfin ce qu’il y a là-haut sur la montagne. Y trouvera-t-il la perfection ? L’avenir le dira !

Pour revenir à ce Palais ! Continua l’homme, le premier niveau, celui de la conscience humaine, est aussi le niveau de la découverte du monde des humains. C’est le niveau dans lequel l’homme qui n’est encore qu’un enfant a la connaissance des imperfections du monde dans lequel il vit. C’est évident ! Comment pourrait-il prendre le chemin de la perfection sans, auparavant, avoir « vécu » les imperfections ? Prenons l’exemple de l’injustice ! Si pour lui, cultiver, dans sa vie d’homme, un esprit de justice est une marche sur l’escalier qui mène à la perfection, il était indispensable qu’il ait connaissance de l’injustice. Ses « enseignants » lui ont donc inscrit cette matière à son programme de vie. Au cours de son enfance, il apprend la matière « injustice », il est bon élève et retient sa leçon en se disant qu’adulte, il enseignerait la justice, mais, voilà, dans cette salle du Palais des Mémoires, l’injustice a laissé son empreinte néfaste, ce lutin tapi dans un placard de la salle a laissé une trace qui a engendré une souffrance dans le cœur de l’homme. C’est du cordon qu’il s’agit, celui-ci relie le lutin au cœur de l’homme au quatrième niveau de la tour. Cette souffrance est un obstacle à la paix et provoque un désordre qui stoppe la progression de l’homme dans son désir d’être juste. Sa responsabilité est de se dire qu’il a appris l’injustice et, que désormais, il peut se défaire de la souffrance qu’elle a générée. Alors, procédant par étapes, il identifie tous les éléments néfastes qui ont laissé des traces lors de son apprentissage sur les imperfections du monde des humains. Il en élimine les effets primaires, en quelque sorte, ce sont les gnomes et autres entités. Chaque élément dont les effets sont éliminés est une marche gravie sur l’escalier qui conduit au sommet de la montagne.

Je pense que tout homme a une quête. Acheva l’homme, il ne s’agit, ni de records à battre, ni d’objets à créer, ni de belles maisons à posséder, mais une quête de confort intérieur, si je puis dire. Il y a des gens qui parlent de refaire le monde et d’autres qui le refont, mais, le premier monde est notre monde intérieur et « refaire » son monde intérieur, c’est en même temps refaire une parcelle du monde extérieur, c’est la responsabilité de chacun, j’assume la mienne, la visite du Palais des Mémoires m’incombe et quel homme serai-je si je ne prenais pas soin de ce monde intérieur qui m’a été confié. Alors, je veux bien admettre que cette visite s’apparente à une quête de perfection. Ai-je raison ? Ai-je tort ? Je ne saurais dire car je ne suis pas encore arrivé là-haut, mais, en tout cas, quoique que je trouve, le Palais des Mémoires aura retrouvé sa superbe et n’est-ce pas l’essentiel ? Pour le moment ! » Conclut l’homme plein de mystère.

Le repas s’achevait dans la bonne humeur et chacun était plongé dans ses pensées. La perfection était un sujet qui suscitait beaucoup d’intérêt et qui emmenait les hommes bien loin dans leurs perceptions de la vie et de ce qu’ils vivaient. Mais de nouvelles marches à gravir attendaient l’homme, il se leva et reprit la direction du second niveau. Fin de l’extrait.

A vous maintenant, dites nous ce qu’est la perfection pour vous?

 

Livre « Le temps est venu » est disponible sur Les Editions du Net.

Partagez, n’hésitez pas à dire ce que vous pensez, soyez le premier à mettre un commentaire.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :